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Terre à moi emplie d’espérances
à laquelle, dans le lointain, je rêvai hier...
Aujourd’hui je te labourai d’un bout à l’autre
de mes mains encore engourdies par la douleur
de celui qui depuis longtemps ne toucha le mancheron,
de celui qui vit s’enfoncer le soc dans le vide de ton absence.
Aujourd’hui je parcourus à nouveau tes coteaux et prairies
m’imprégnant de la fragance qu’exhalaient tes pores
au contact de mon corps
depuis une longue attente.
Aujourd’hui je caressai à nouveau ta peau de terre
du regard, des mains, du soc...;
toi - ma parcelle bien-aimée - tu te laissas faire,
tu ouvris tes entrailles pour que je puisse
semer à la volée toute la semence
que je portais dans ma besace
réservée pour toi.
En silence
tu m’ouvris à nouveau la porte de ton âme,
je sentis à nouveau la vie en ton corps :
l’ardeur en tes lèvres,
la douceur en tes seins,
la sueur en tes aisselles,
le frémissement en ton ventre,
l’humidité entre tes jambes,
le feu luxuriant de ta droséra affamée...
Tu t’ouvris et te donnas toute entière
pour que je puisse m’épanouir
semant mon amour en toi
et à travers toi posséder l’univers.







Tout était éclat et mystère
quand j’entrais en ton corps,
en ton temple ouvert à l’amour.
Ses lèvres perlées par la rosée du matin
se transformaient en aurore boréale d’un rouge écarlate
avec les premiers rayons du soleil,
en fulguration d’étoile polaire
lorsque le baiser devenait lumière en son intérieur
éclairant les voûtes du sanctuaire
et découvrant le feu qui brûlait sur l’autel
prêt à la liturgie de l’amour.
Ton dieu fut mon dieu,
un dieu panthéiste que j’adorais
comme étant l’origine et le moteur de la vie
dans lequel je trouvais continuellement l’énergie de vivre
quand nous vivions en harmonie.


En lui se concentraient les quatre élements de la nature :
l’eau, l’air, le feu, la terre,
avec lesquels je me nourrissais pour affronter l’existence.
Aujourd’hui, ton dieu, est pâturage du vent
- poussière de glaise -
qui, comme une déité d’argile, s’est brisée à sa base
avec le passage du temps,
victime de l’idolâtrie que je te vouais,
sans être payé en retour.










Ma passion de voyageur
- chercheur de songes -
naît de ta bouche de mandragore,
de tes lèvres humides,
de tes baisers ardents;
tes mains me caressent en silence
comme vestales dorlotant le feu :
mon corps se sent vivant en ton temple;
ma passion naît de tes seins
- flèches cherchant le ciel -
qui s’enfoncent en ma poitrine
ouvrant une douce plaie
que le temps ne pourra refermer;
ton sang ne coule plus par tes veines,
il a quitté son lit
pour s’échapper par les pores de ton corps
devenu incendie;
ton ventre est le delta
où se déposent les perles de la délectation
que tu me laisses cueillir
comme glaneur de rêveries;
ton sexe est l’océan où je me perds,
en lui je navigue,
je me sens libéré de mon propre poids...
mais, sirène sorcière d’amour,
tu me fais perdre l’orientation de la liberté
et je deviens captif de tes sortilèges
oubliant tous les chemins
parcourus auparavant.






Dans le silence poignant de la distance,
aujourd’hui tu reviens à mon foyer
à l’image d’une flamme,
feu qui avive les souvenirs,
braise qui garde la chaleur
dans la nuit froide de mon âtre
en attendant qu’arrive l’aube.
Etoile du matin,
aujourd’hui tu reviens à mon âme
- dans un silence poignant -
en annonçant ce jour qui n’arrive pas,
temps des semailles qui déjà m’embrase.
Terre mienne de labourage,
songe de mes mains de laboureur
qui espèrent caresser les collines et prairies
de ton corps, aujourd’hui dans le lointain;

illusion de mes yeux en période de sécheresse,
incertitude de mes lèvres en friche,
espoir de mon soc
qui aspire avec véhémence à s’enfoncer dans ta glèbe.
Aujourd’hui tu reviens à mon âtre
- dans un silence poignant -,
soleil qui maintient ma vie
- à chaque pas que je fais -
en attendant le lendemain.

               ***

La nuit écarte ses jambes
pour me dire l’indicible,
pour me montrer l’intemporel :
ton sexe,
ma pierre philosophale,
lumière dans les ténèbres,
étoile du matin,
ombre de lumière,
vide sidéral
comme une bouche affamée
avec des lèvres asoiffées,
comme une fontaine jaillissant à verse
pour étancher ma soif,
comme des flammes qui chauffent le four
pour faire de nos corps
pain pour les deux...
Nuit qui écarte ses jambes
pour nous offrir l’indicible,
l’intemporel...
toujours ensemble,
l’éternel.


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