Different Media City
               


Café des Artistes:

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Pause café:

DM Livre d'or
Newsletter
Forum
Petites annonces

DM asbl
DM Kids


Ton poing cruel me tend le feu des apatrides



Est-ce déjà pour toi l’heure
où le front
de s’incliner dans les cendres
où la main
de retomber parmi les gravats



Il suffit que ta main
élève à ta lèvre gourmande
le vin de nos après-midi

- et le spectacle de ton corps se livre à moi

Comment pourrai-je t’oublier
quand tu pénètres l’ultime seuil de ma soif



Je me tiendrai
nu
dans l’ombre de cette ombre
aveugle
ébloui par sa nuit
et j’en boirai les trop brèves clartés charnelles



Ne me demande pas le nom de la blessure :

c’est le mien



Tu dis
« J’hivernerai dans la chambre du poème »

Mais qui t’attendra
aux carrefours de ton veuvage
sous le regard exsangue des vitrines

Ta famine se dresse adossée
à la pluie qui monte du fleuve



L’orage approche
Déjà il se lève des vallées de l’ouest
Bientôt il aura investi toutes frontières

Déferler en tabac en éclairs en guitares
Ne plus maîtriser la foudre désormais
mais se laisser porter par elle dériver
en elle chanter sous les épées du feu
clamer l’oubli sous les giboulées du rire
fouailler les marais où se risque la course
dans ces limbes en flamme entre vertige et mort

Offrande des mains de la nuque

Saignées d’alcool

(Mes territoires)



Nous nous aimons tandis que d’autres
meurent, et tandis que nous dormions la neige est
tombée sur nos poignets, les échelles, le jardin de
nicotine, les rails des convois, les hautes verrières
de gel où patientent encore les oiseaux migrateurs.
Mais les prophètes annoncent l’approche
des débâcles, la renaissance du soleil
aux vendanges des lèvres.



Guitares et mégots ne suffisent plus à
peupler ses territoires, et dériver à leur merci, loin
des fontaines de baisers sous le manteau, n’éveille
désormais qu’oasis d’apatride.
Sa mémoire les connaît à satiété, les petits
balcons clos de la neige, les édredons cachés sous
le muscat du soir.
Beau temps ne fait pas belle jambe de
voyageuse, mais clavicules rousses de navigateur ivre.
Malgré le tocsin et la foudre, il cède alors
à l’eau claire des yeux d’un passeur de rivière :
pour lui seul, ils reflètent baptême des méridiens, souvenir des tropiques.


<-- Retour aux Oeuvres